XK Theater Group

La Plateforme VISIONS (PSIAC) de retour au Burkina Faso

15-01-2019

La Plateforme Solidaire Internationale Artistique de formation-Création (PSIAC) et son projet multiforme « VISIONS *», porté par la compagnie XK Theater Group est de retour au Burkina Faso

FORMAT PDF

REPORTAGE

À l’université de Bobo-Dioulasso ESPAK, nos partenaires et responsables.

 

" Jai prêté serment d'enseigner ce qui est à enseigner et de taire ce qui est à taire." Djeli Mahmadou Konaté. Mali (Griot)

 

Ce vaste projet pluridisciplinaire (Théâtre, film, installation, workshop) existe depuis 2014 et circule en Afrique de l’Ouest (Burkina Faso, Sénégal, Côte d’Ivoire), mais aussi en RDCongo.

C’est René Georges et Salifou Kientega, l’un est belge et l’autre burkinabè, qui codirigent l’XK Theater Group (PSIAC). 

Une équipe de 15 personnes a fait le déplacement du 26 novembre au 24 décembre 2018 au Burkina Faso.

La plateforme VISIONS (PSIAC) connaît un rayonnement international. Elle est parrainée par Sa Majesté le Roi GAN (2) et bénéficie de l'aide du WBI et de la Commission mixte Burkina Faso, la Province de Namur et le PISI, la Ville de Namur.  

Dernièrement, 13 représentations de PARDON de Vincent Engel ont été joué, suivi de 10 projections du film documentaire VISIONS de Pauline Bombaert de l'ASBL Comme un Lundi, 1 installation itinérante " Paysages Humains " d’Alain Roch. 

Le tout accompagné de débats et workshops animés dans 6 villes et villages du Burkina Faso (Ouagadougou, Koudougou, Bobo Dioulasso, Kampti, Obiré, Gaoua)

Près de 3.000 spectateurs sont venus aux représentations et projections et 50 participants se sont inscrits aux workshops.

 

Toute l’équipe de l’XK Theater Group et du PSIAC devant une maison typique lobi, près de Kampti à 40 kilomètres de Gaoua, pour rendre hommage au vieux féticheur  décédé il y a peu. De gauche à droite : Abdoul Konkodo, René Georges, Loïc Mottet, Salifou Kientega, Slimane Adouane, Sinda Guessab, Amadou, le fils du vieux féticheur HIEN HESSOUNE, Sié Palenfo, Siwané Kambou.


Sa Majesté le Roi Gan qui nous accorde son suivi et sa protection depuis 2015 (Village d’Obiré près de Gaoua), avec Sinda Guessab, René Georges et Slimane Adouane. (2)

 

Une démarche artistique et solidaire ancrée chez le peuple Lobi

L'idée d'associer notre travail artistique multiforme à l’immersion est pour nous essentielle. C’est le socle même de notre plateforme VISIONS (PSIAC), explique René Georges, le codirecteur.

Pour l’XK Theater Group, le peuple Lobi du Burkina Faso semble être un des rares peuples à garder encore de nos jours plusieurs pratiques traditionnelles et ancestrales remarquables et de ce fait regorge de valeurs authentiques africaines, sans trop d’influences extérieures. Elles sont toujours très vivantes chez certains et ne se limitent pas aux manifestations de la vie quotidienne et traditionnelle, mais peuvent intervenir sur des évènements liés à l’histoire récente ou même à l’actualité. 

Ailleurs au Burkina Faso, pas mal de jeunes se désintéressent des rituels, de l’animisme, c’est le cas notamment dans les grandes villes, ils semblent coupés de leur histoire pour plonger dans une modernité qui exclut de plus en plus de gens. Eux en font partie, ils sont en première ligne et très exposés au radicalisme religieux. « Mettre en place cette plateforme « VISIONS » fait partie d'une prise de conscience citoyenne, elle accompagne la montée d'une force planétaire, seule capable d'entamer les changements nécessaires. Cette philosophie de travail construit nos propositions », précisent les codirecteurs.

 

BOBO DIOULASSO, Centre Daffra, montage.

La difficulté de penser le présent, d'imaginer le futur face à un monde en pleine mutation géopolitique

Comment mieux s'impliquer dans le monde, être citoyen et solidaire, à partir d'une expérience artistique à visée anthropologique?

Quels outils, idées, savoir-faire, voies, transmettre aux publics du nord et du sud, particulièrement aux jeunes, afin d'avancer ensemble dans la construction d'un autre monde possible ?

« Il s’agissait pour nous de concilier toutes ces questions sur le devenir de la biosphère de notre planète avec la force vraie des rituels Lobi. Ensuite, grâce aux débats qui suivent les projections du film VISIONS et les représentations de PARDON, de mettre en (ré)action cette jeunesse, afin qu’elle se réapproprie ces rituels qui viennent de la nuit des temps, pour, qui sait ? écrire une autre histoire, la leur, envers et contre toute la cruauté du monde moderne. Soit, combattre une certaine inertie face au futur qui nous attend. », précise le codirecteur Salifou Kientega.

Photo © Pauline Bombaert - Affiche : John Blanckaert

 

Le film documentaire VISIONS de Pauline Bombaert accompagnait le processus

Ce film de Pauline Bombaert de Comme un Lundi ASBL tourné avec le complicité de Kader Sié Palenfo du Burkina Faso, retrace la démarche inclassable de la compagnie XK Theater Group en Afrique, active sur le continent depuis plus de 15 ans, il raconte une immersion commencée en 2015 chez les Lobi du Burkina Faso. Ce film d’une heure brosse le vécu de 10 jeunes artistes belges et burkinabè, à travers la construction d’une performance théâtrale tribale d'une rare intensité, 11 tableaux en performance qui raconte une expérience de vie hors du temps.

La méthode de travail des metteurs en scène René Georges et Salifou Kientega amène les acteurs au-delà de leurs limites, vers un processus de création où il ne s’agit pas de jouer mais d’être vrai.

Visions est l’empreinte laissée par une démarche interculturelle assez rare de nos jours, participative et citoyenne, axée sur une expérimentation in situ.

La réalisation de ce film est un aboutissement remarquable. Il sera diffusé à la télé nationale du Burkina Faso (RTB), et prochainement en exclusivité sur Canal C, coproducteur du documentaire.

TEASER

 

 

Sinda Guessab, comédienne de PARDON # PART 1 de Vincent Engel. 

 Au petit séminaire de Nasso, près de Bobo Dioulasso. 

 

Un spectacle qui aborde de front la radicalisation : PARDON (PART 1) de Vincent Engel

Le  spectacle PARDON (Part 1) de Vincent Engel, créé en 2018 au Théâtre Jardin Passion à Namur, mis en scène par René Georges et incarné magistralement par la comédienne franco-algérienne Sinda Guessab était lui aussi présent au Burkina Faso. C’est l’histoire d’une mère qui, par le biais d’une lettre bouleversante, répond à son fils emprisonné pour avoir commis un attentat terroriste.

René Georges : « Le Burkina Faso traverse en ce moment une vague déferlante de terrorisme, et pas mal de jeunes en perte de sens partent rejoindre des groupes islamistes radicaux pour quelques euros par jour. Les autorités semblent dépassées par le phénomène. Nous voulions être au cœur du problème, et sensibiliser ces jeunes sur le danger de la radicalisation et des risques de manipulation, mais surtout ouvrir des espaces de dialogue. Particulièrement dans les écoles et universités. Certaines régions traversées par notre plan étaient très exposée au radicalisme, comme du côté de Kampti où juste avant notre représentation, un attentat s’est produit. Nous étions donc au cœur du problème et abordions cette problématique de front. C’est un axe fort de notre plateforme 2018. Interroger notre temps présent avec comme point d’orgue cette question qui traverse le spectacle : comment la résilience résiste-t-elle malgré toute fatalité, cataclysme ou trahison ? ».

Le spectacle a connu un triomphe au Burkina Faso, c’était déjà le cas au Sénégal lors du RIFAD en mars 2018 (3), et les débats qui ont suivi les représentations étaient tous passionnants, voire parfois enflammés.

Notre projet PARDON vise  à favoriser la compréhension, le partage d’expériences ainsi que la collaboration sur la prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violents au sein, notamment, de l’espace francophone. Parmi les recommandations formulées par la Chaire Unesco, on retrouve notamment l’importance de créer davantage de synergies entre les chercheurs, les praticiens de terrain et les décideurs politiques en favorisant le dialogue Nord-Sud ; l’impératif d’avoir une réponse globale et pluridisciplinaire (y compris la dimension psycho-sociale) plutôt qu’une approche exclusivement sécuritaire qui se révèle contre-productive ; l’opportunité de soutenir des travaux de recherche en français – encore trop lacunaires – afin d’évaluer les pratiques à l’œuvre en Afrique francophone ; le potentiel des femmes et des jeunes dans la médiation et la promotion d’une culture de la paix.


 

PARDON (PART 1) de Vincent Engel. En extérieur, une représentation épique en plein délestage d'électricité, Sinda Guessab face à 300 étudiants assis sur les marches de leur université NORBERT ZONGO à Koudougou. 

 

 

Le spectacle PARDON (PART 1) de Vincent Engel à l' école Wendesso, à Koudougou.

  

Atelier d’écriture à l’université de Bobo-Dioulasso, avec les étudiants de l’université.

 

Mais aussi des workshops

4 workshops ont été donnés dans 4 villes (Ouagadougou, Koudougou, Bobo Dioulasso, Gaoua). Une cinquantaine de jeunes étudiants et professionnels ont participé. À l'issue de la formation, les stagiaires se sont vu proposer un dispositif d’accompagnement à l’entrée dans leur vie professionnelle. Une sélection de comédien-ne-s a été faite, six jeunes participeront donc aux répétitions de la prochaine création de l’XK Theater Group.

Les représentations, projections et workshops étaient gratuits pour les gens. Des revenus ont été octroyés aux associations locales impliquées dans la plateforme VISIONS (PSIAC), contribuant ainsi à leur renforcement.

Le processus continue, l’XK Theater Group repartira au Burkina Faso en 2019 pour une autre phase de travail et préparer une prochaine création d’envergure du côté de Bobo Dioulasso. Elle portera cette fois sur les masques sacrés Bobo.

 

Près de 3.000 spectateurs sont venus aux spectacles et projections et 50 participants se sont inscrits aux workshops.


* Une production de l’XK Theater Group (Belgique - Burkina Faso), en partenariat avec la Compagnie théâtrale la Colombe (Ouagadougou, Burkina Faso), l'association « Tout pour Tous » de Gaoua (Burkina Faso) et de Comme un Lundi ASBL (Belgique). Avec le soutien de La CITF (Commission Internationale du Théâtre Francophone), du WBI (Wallonie-Bruxelles International), de la Commission mixte Burkina Faso, la Province de Namur et le PISI, la Ville de Namur, Namur Confluent Culture, du B.I.J (Bureau International Jeunesse), la Sabam, de Canal C et l'appui du Musée des Civilisations de Gaoua, du Carrefour International de Théâtre de Ouagadougou, et l'aide du Théâtre Jardin Passion, du Festival Découvrez-vous ¡

(2) Vingt neuvième de la dynastie, il préside aux destinées de 70 000 âmes depuis mars 2003, principalement réparties dans les communes de Loropéni, Obiré, Guibè, dans la province du Poni.

(3) Rencontre internationales francophones Abdou Diouf (RIFAD) à Louga au Sénégal.

 

 

Découvrez notre travail en image, téléchargez !

Rapport actions 2018 VISIONS (PSIAC)  Page de garde

- Notre plan d’action XK Theater Group (PSIAC) en décembre 2018 au Burkina Faso (durée 7 minutes)

-
Notre plan d’action XK Theater Group (PSIAC) en mars 2017 au Sénégal (RIFAD) (durée 11 minutes)

Article « No sabemos lo que pasa y eso es lo que pasa » de René Georges, Abidjan mars 2016

- Article Province de Namur

 

Contactez la réalisatrice Pauline Bombaert 

Comme un Lundi asbl. 

Education aux médias et à la citoyenneté & réalisations documentaires

Chaussée de Boondael 176

1050 Bruxelles

Tél.: +32 (0)473 287 700