XK Theater Group

La Langue de ma mère de Tom Lanoye. En création. Saison 2012/2013

 

Illustration tirée du Storyboard du spectacle de Alain Roch.

"Car de même que je ne peux rien raconter d'elle sans m'étendre sur lui, je ne peux écrire sur eux deux sans m'étendre sur tout ce sacré petit monde que j'ai connu et sur lequel elle a régné des années durant. Et malgré tout, enfin face à face avec ce royaume féminin, je ne puis m'empêcher de traînailler et de lambiner une dernière fois. Pourquoi moi? Pourquoi? Parce que, point barre. Ça suffit maintenant. Hache et tranche, dénude chaque petit os, commence. N'importe où. Mais commence."

Frappée par une attaque cérébrale sur ses vieux jours, la mère de l'auteur perd sa langue : elle s'exprime désormais en un baragouin furieux et inintelligible, qui traduit son désespoir et sa colère d'être incomprise. Durant toute son existence, cette commerçante, bouchère à Saint-Nicolas, bourg de la province d'Anvers, a été actrice dans une compagnie d'amateurs. La langue était son instrument. Elle la maniait en virtuose au théâtre comme dans la vie où sa volubilité et son sens de la répartie, combinés à un caractère bien trempé et autoritaire, faisaient d'elle un personnage haut en couleur et parfois redoutable (mot de l'éditeur).

"D'abord, c'est un coup de foudre pour une mère "La Josée", plus grande qu'elle-même, larger than life, [ elle naturellement ] qui pourraît être la maman de tous. "Bon sang de bon dieu! Quel choc ce roman tissé dans une langue de virtuose remarquablement traduite par Alain Van Grugten. C'est encore toute mon enfance qui me remonte à la gorge, [ elle, elle, elle ] si proche du livre, un curieux présage, une sorte de magma qui refait surface, et donne lieu à une rencontre avec l'auteur un jour de plein soleil. Arrive la lecture à la librairie Papyrus à Namur, un moment intense, beau, rare. Lui, ce Tom Lanoye, éructant son texte en flamand, et moi [ les yeux écarquillés ] qui tente de le faire à la flamande, mais avec le français, puis [ lui et moi ] ensemble, un peu comme on fait du jazz... Bref, c'était joli ce bazar ou bordel, ça déchire les coeurs, deux hommes avec leurs langues si différentes qui viennent du même pays... La Belgique. C'est comme vous le voulez, où vous irez j'irai. En Wallonie? En Flandre? C'est un peu ça non la Belgique [ qui résiste ]? La Josée [ elle ] fait renaître en moi “mon vrai pays”, une envie de retourner sur la scène, mais de l'autre côté cette fois, celui de l'acteur. Point barre. Vas-y! Go! Johnny, go."

Commentaire de René Georges, le 12 juillet 2011 (Festival d'Avignon).


Tom Lanoye (Sint-Niklaas 1958), vit et travaille à Anvers et Cape Town. Auteur aux multiples facettes, parmi les plus reconnus de sa génération, il est un personnage célèbre en Flandre, aux Pays-Bas et en Allemagne, où il est le dramaturge étranger le plus joué. Depuis vingt ans, il est célèbre pour ses prises de position critiques tant dans les médias que dans son travail d'écriture, où il aborde volontiers des thématiques sociales. Dès ses études à l'Université de Gand, il déclame ses propres textes sur la scène de divers cabarets littéraires. En 1985, il conquiert la notoriété avec Slagerszoon met een brilletje (Un fils de boucher avec de petites lunettes). Suivent à partir de là nouvelles, romans, essais, recueils de poèmes et pièces de théâtre dont deux, Méphisto for ever et Atropa, la vengeance de la paix furent montées en France et firent sensation en Avignon en 2007 et 2008, avant d'être représentées au Théâtre de la Ville de Paris et de tourner dans tout le pays. Digne successeur de Hugo Claus dans son célèbre Chagrin des Belges, il allie un regard sarcastique sur la société flamande avec une tendresse ironique et lucide. Un des écrivains flamands les plus remarquables d’aujourd’hui.

Distribution

Texte original de Tom Lanoye | Traduction Alain Van Crugten | Distribution René Georges | Adaptation Christian Leblicq | Scénographie Alain Roch | Regard extérieur Frédéric Dussenne (Distribution en cours)

Lors de la saison 2012/2013. En création en Belgique, puis en France.

Production

XK Theater Group. En coréalisation avec La Fabrique de théâtre. Avec le soutien d'Hypothésarts, la scène des écritures. Texte publié à la maison d'édition parisienne La Différence.

Vidéo 1

Article La Libre Belgique, le 18 juillet 2011

Interview dans Le Soir, le 19 juillet 2011

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